La classe colombienne submerge le jeune USMNT malgré un éclair de promesse

(Mike Ehrmann)

Le début de la deuxième moitié du match amical de l’équipe nationale américaine contre la Colombie jeudi s’est déroulé à la hauteur des attentes des supporters américains.

Michael Bradley a encerclé ses coéquipiers et leur a fait un discours passionné sur le terrain avant le début de la demie. Ses coéquipiers ont réagi en s’adressant aux Colombiens pour les 10 minutes de football les plus inspirées que nous ayons vues de l’USMNT en plus d’un an.

Malheureusement pour les Américains et leurs partisans, la Colombie a réagi en invitant la classe à enseigner au USMNT les dernières leçons douloureuses pour la jeune équipe américaine.

Mettant en vedette bon nombre des mêmes joueurs qui ont contribué à amener la Colombie aux huitièmes de finale de la Coupe du monde, les Cafeteros ont réussi à convaincre la défense américaine pendant les 30 premières minutes, mais ont commencé à trouver de la place pour opérer avant même que James Rodriguez n’ouvre le score avec un rêve à la 36ème minute. Rodriguez et Santiago Arias ont surchargé le côté gauche de la défense américaine à plusieurs reprises pendant la majeure partie du match, laissant Antonee Robinson débordé et Zack Steffen impuissant face à l’attaque de la Colombie en deuxième demie.

La Colombie 4-2 a humilié face aux États-Unis. Cela ressemblait beaucoup à la défaite 2-0 contre le Brésil en septembre et à la défaite 2-1 contre l’Irlande en juin, avec une autre équipe de vétérans battant cette nouvelle génération d’Américains soit expérimentés, plus qualifiés ou, dans le cas de la Colombie, tous les éléments ci-dessus.

Le match de jeudi a été différent, c’est que l’USMNT a mis en place un impressionnant tronçon de jeu en équipe, en remportant des plaquages, en reliant des passes et en finissant. Ils ont joué en tant que groupe, et le résultat a été une paire de buts bien orchestrés contre une équipe colombienne invaincue. Cela n’a duré que 10 minutes, mais cela nous a montré le meilleur de ce que cette équipe pourrait être, même si ce n’est que brièvement.

Dave Sarachan a également déployé son équipe dans une configuration d’attaque, comme nous l’avons vu depuis qu’il est en charge – excluant la victoire contre une équipe bolivienne surclassée qui ne sera jamais une menace. Il a joué Kellyn Acosta à la place de Wil Trapp, alors qu’un tandem Trapp-Michael Bradley au centre aurait été une approche défensive plus sûre. Il a également mis deux joueurs agressifs sur les ailes. Il n’y avait pas de mauvais milieu de terrain défensif jouant hors de position, comme Acosta contre le Mexique – bien que Kenny Saief ait semblé mal à l’aise dans son rôle d’aile gauche.

Si Sarachan voulait que son équipe attaque davantage, cela ne se voyait pas en première mi-temps, mais au début de la deuxième période, Acosta déboulait dans la surface de réparation pour une belle arrivée et Tim Weah montait Bobby Wood but de donner aux Américains une avance de 2-1 qui a duré seulement deux minutes.

Ces deux minutes n’étaient même pas assez longues pour se laisser prendre à l’hystérie du retour de l’USMNT. En un clin d’œil, la Colombie a écarté les deux buts américains et a immédiatement repris son attaque sur le côté gauche de la défense américaine, faisant subir à Robinson une torture sous la conduite de Rodriguez et d’Arias.

Il était facile d’épingler le défenseur Wigan à plusieurs reprises en oubliant le fait qu’il était éviscéré par un milieu de terrain du Bayern Munich et un arrière droit de l’Atletico Madrid, qui passaient tous deux l’été à la Coupe du Monde plutôt que pour des vacances prolongées.

Si la différence de classe n’était pas assez nette, Rodriguez et Arias ont clairement expliqué le fait qu’ils avaient uni leurs efforts pour marquer le quatrième but de la Colombie après que Robinson ait quitté le match et que son remplaçant, Ben Sweat, soit entré à temps pour se faire tailler comme Robinson.

Ce type de contexte est important lorsque l’on considère les multiples pertes subies par le USMNT. Cela n’excuse pas Robinson pour ses échecs, mais il devrait également rappeler les différences qui subsistent entre les pools de joueurs de l’USMNT et des équipes comme la Colombie, sans parler des équipes comme le Brésil. L’USMNT regroupe un ensemble de talents prometteurs qui doivent encore atteindre les hauts niveaux de réalisation que leur potentiel suggère comme étant à leur portée. Après avoir été largement dominés par la Colombie, le Brésil et la France (dans un match nul, mais dominé par les éventuels vainqueurs de la Coupe du monde), les Américains ont été rappelés à maintes reprises de la distance à laquelle cette génération talentueuse doit encore aller.

Les choses devraient s’améliorer une fois que Christian Pulisic sera de retour dans l’équipe nationale, aux côtés de Weston McKennie et Tyler Adams, et plus important encore lorsqu’un entraîneur-chef est finalement embauché et met en place un système de construction. Même lorsque ces choses se produisent, la transformation ne se fera pas du jour au lendemain.

Plusieurs joueurs doivent encore grandir, apprendre et acquérir une expérience précieuse. Adams doit s’installer en Europe et devenir un bon débutant. Josh Sargent doit percer au Werder Bremen. Weah doit devenir un contributeur à Paris Saint German. Cameron Carter-Vickers et Matt Miazga doivent devenir des joueurs que leurs clubs conservent au lieu d’être prêtés. Robinson doit s’améliorer suffisamment pour pouvoir finalement commencer à Everton après l’achèvement de sa maturation en deuxième division anglaise.

La liste peut s’allonger, avec des joueurs allant de Pulisic à McKennie à Zack Steffen à Jonathan Amon. Il y a plus de talents dans le pipeline américain que jamais auparavant, mais en tant que groupe, cela reste juste une promesse à ce stade, ce qui nous rappelle chaque fois qu’un adversaire coriace met ce jeune USMNT en alerte.

La bonne nouvelle pour l’USMNT est que la Coupe du monde 2022 aura encore quatre ans. Cela laisse beaucoup de temps pour se développer et, espérons-le, grandir et utiliser l’expérience acquise dans des matches amicaux comme ceux-là.

La défaite de jeudi a donné matière à réflexion aux joueurs américains. Ils devraient regarder ces 10 minutes prometteuses au début de la seconde période et réfléchir à ce qui pourrait être dans le futur, mais aussi se souvenir des 80 minutes restantes pour comprendre à quel point ils sont encore loin.